Un ouragan à la Matinique

Publié le par Delphine

     C'est sur, vous n'êtes pas passer à côté de l'actualité cette été, avec notamment l'ouragan Dean en Martinique. Toutefois, je souhaite vous raconter comment je l'ai vécu et je ne viens d'ouvrir un blog que maintenant ! Donc voilà, puis à force de le raconter je crois que je connais cette histoire par coeur.
     Alors voilà qu'un mois de mai 2007, mon petit chéri me demande en mariage et voilà la date fixée au 11 août 2007 (date anniversaire de notre rencontre). Pour moi la seconde question cruciale après la robe, c'est sans aucun doute le voyage de noces ! En plus, c'est l'occasion de faire prendre l'avion à mon casanier de mari sans qu'il râle ! 
     Me voilà à la recherche de la destination parfaite, écumant les agences de voyages : une petite croisière en Méditerranée ? Les Antilles ? L'Afrique ? L'Asie ? Tant de pays que je voudrais voir au cours de mon humble vie ...
     Finalement on réduit le dilemme : croisière en Méditerranée, le climat est idéal en août, c'est romantique et on visiterait beaucoup de choses ; de l'autre les Antilles et leur plage de sable blancs ... malgré les ouragans ! On se dit, bon des ouragans il n'y en a pas chaque année, on ne voit pas pourquoi ça tomberait celle-ci !
     Paris, Orly, enregistrement des billets. On est soudainement évacué : alerte au bagage oublié ! Se rapliquent les flics en mitraillette, les pompiers et tutti quanti ... Bien sûr aucun risque après explosion sinon je ne serai pas la pour vous conter fleurette. Mais enfin, une heure de retard et les vacances qui commencent bien !
     Atterrissage à Fort de France, on prend la voiture de location et oh surprise ... A la radio on annonce une petite tempête tropicale qui devrait passer sur les Antilles le jeudi ou le vendredi, mais on ne sait pas sur quelles îles exactement. Les Martiniquais nous rassurent, ça ne devra pas passer chez eux, ça fait 40 ans qu'ils en ont pas vus, c'est toujours la Guadeloupe qui trinque. Quelle logique ! Enfin, de toute façon on est sur place, on surveille les infos puis on verra. La tempête devient cyclone puis ouragan. Jusqu'au jour J on hésite encore Martinique / Guadeloupe : ça sera la "surprise". J'évite d'alerter la famille, on ne sait pas ce qu'il en ai. On continue nos vacances, bateau à fond de verre, plages de sables noir, eau turquoise.
     Puis le jeudi, sortie en 4 * 4 : tout se déroule bien, le guide semble assez confient. Le temps est tout de même couvert mais ce devrait être normal. Puis finalement, visite de la distillerie annulée, on est en alerte rouge depuis 17 h ! on regagne vite notre hôtel et là on voit les autres clients scotché les fenêtres pour pas qu'elles explosent. On part vite faire quelques courses et on va nous aussi se cloîtrer dans notre chambre, le vent pointe son nez, le stress augmente. C'est bien pour nous et bien pour ce soir !!! Gros moment de panique, petite pensée (pour être honnête, très grande pensée) pour le bébé laissée avec ces grands-parents, appel aux parents pour dire qu'on sera sûrement coupé des communications pendant quelques temps.
     Bon vous me direz, rester cloitrer en voyages de noces c'est agréable et ben dans ces conditions NON et NON !!! Enfin on est réveillé par des bruits de vent dans la nuit entre 3h et 6h du matin : on regarde par la fenêtre et oh surprise (pas tout à fait ...) : voilà Dean. Les vents et la pluie sont importants mais nous avons la chance d'être dans un hôtel pour touristes donc très bien équipé. Je suis angoissée mais pense que finalement c'est pas si terrible que ça !
    Quelle erreur ! Quand on est sorti, on a été choqué par les ravages ! Tout arraché, la mer démontée, les habitations détruites ! Et nous on est là à ce plaindre que nos vacances sont gâchées ! On joue aux Robinson en mangeant les noix de coco tombées au sol parce que le paquet de jambon et celui de chips on vite été terminés. Finalement, le restaurant de l'hôtel ouvre, eux aussi ils sont bloqués donc tant qu'à faire ... et comme il n'y a plus d'électricité il faut vider les congélos. L'hôtel restera dans le noir jusqu'à notre départ ( et sûrement plus), ça sous entend : pas de douche chaude, pas de télé, pas de lumière (mais les bougies sont tellement plus romantiques) et pas de frigo, mais aussi plus de pompes à essence ni de téléphone, et pas de piscine car sans pompe elle est vite devenue insalubre et interdite. On apprendra par la suite que Diamant, la ville où nous logions, fut la seconde ville la plus touchée ...
     Le pire pour nous c'est qu'on avait pas fait le plein à la voiture de location le mercredi puisque on faisait une sortie en 4 * 4 le jeudi. Donc nous voilà vendredi presque à sec ! On part à la ville la plus proche et on voit alors la file astronomique de voiture qui font la queue aux pompes : tout le monde à a craint la panne des stations et certaines villes ne peuvent pas fournir d'essence à cause de la panne d'électricité. On fait la queue plus de deux heures en pleine canicule pour arriver devant les pompes, vides. Heureusement, on avait sympathisé avec des personnes pendant notre séquestration qui nous ont emmené en rechercher dans la soirée. Bien sûr toutes les activités nautiques sont annulées car la mer reste démontée encore longtemps et puis interdiction de se baigner à cause de la quantité impressionnante de poissons et crustacés morts. 
     Finalement il y a plus grave parce que nous on a eu des vacances un peu (beaucoup) gâchées mais dès le samedi, on a continué notre tourisme dans des endroits peu touchés, et le lundi on repartait. Tandis que les habitants sont restées des journées entières sans eau et sans électricité, voire sans maison ! 
     Moralité, quand on vous dit c'est pas la saison, n'insistez pas ! Vous me direz, on aura eu un voyage de noces dont on va se souvenir. Je vous mets une vidéo de mon cru, pour la suite, allez voir sur mon album.

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G
Je vivais en Guadeloupe à l'époque de Dean. Comme toi, j'ai vécu les alertes, le confinement, l'attente et le déchainement, même s'il fut pour une fois moins fort en Guadeloupe... C'est terrible de voir comment ces paradis tropicaux peuvent se transformer en enfer...<br /> <br /> Sincèrement,<br /> Géraldine
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D
<br /> Oui c'est clair, les paradis tropicaux sont toujours touchés par des déchainements climatiques hallucinants, comme s'ils devaient payer leur position géographique exceptionnelle !<br /> <br /> <br />
C
bonsoir et bienvenue dans ma communautee la popote colette bisousPOUR RACONTER PLUS TARD A TES ENFANTS GENIAL MAIS JE PENSE QUE S EST IMPRESSIONANT tu a du te tromper pour la date 8 2008 bisous colette
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D
<br /> En effet très impressionnant et merci pour ta perspicacité sur la date, je me suis emballée lol<br /> <br /> <br />